La tâche des socialistes

Discours de candidature à la présidence du PS lausannois, prononcé devant l’assemblée générale du 27 mars 2013

Mes chères et chers camarades,

C’est avec un grand plaisir, mais aussi avec une certaine émotion, que je vous propose aujourd’hui ma candidature à la présidence de notre section.

Si je le fais, c’est conscient de l’importance de la tâche, conscient du rôle central de notre parti dans la vie politique lausannoise, conscient du besoin toujours aussi pressant qu’a la ville de nos valeurs et de notre efficacité, mais aussi du besoin qu’ont la Suisse et le monde de nos propositions et de nos idées.

Il n’y a pas besoin de répéter que nous traversons une période troublée. Partout, les inégalités augmentent, partout la pression sur les citoyens s’accroît. Le temps des grandes conquêtes sociales nous paraît, parfois, appartenir définitivement au passé et nous cantonner dans des postures défensives. Le rouleau compresseur libéral n’avance que plus vite en temps de crise, et l’époque ne semble pas faite pour les idéaux d’égalité et de justice.

Là où le libéralisme suscite des frustrations légitimes, nous les voyons se diriger contre les plus faibles, les chômeurs, les étrangers ou les pauvres – et cette tendance est mondiale. Là où les projets supranationaux devaient fédérer les peuples et les mettre sur pied d’égalité, nous les voyons nourrir les égoïsmes nationaux – c’est le destin actuel de l’Europe. Là, enfin, où semblent enfin se dessiner des solutions justes, des solutions solidaires, nous les voyons trop souvent balayées, en dernière instance, par le pouvoir de l’argent et par celui de la peur – comme cela s’est produit dans de nombreuses campagnes récentes en Suisse, avec à la clé parfois des résultats incohérents, comme si à l’injustice ressentie ne pouvaient être apportées que des réponses injustes elles aussi.

Quelle est, dans ce contexte, la tâche des socialistes, notre tâche à tous ? Je considère qu’elle se décline en trois volets. [+]